Le chateau était muet de douleur...
Comment le Comte si bon et généreux avait pu prendre ce coeur de glace ?
Les soldat transportèrent avec soin le corps sans vie d'Isabelle. Ils se rappellaient combien Albuquer avait été bon pour eux, ne refusant jamais de soulager leurs misères. Comme ils hésitaient à lancer le corps par-dessus les murailles, le Comte qui les observait à la dérobée surgit. "Puisque vous n'osez pas vous débarasser de cette sorcière, je vais le faire moi-même !"
Il saisit le corps de la jeune fille, le jeta sur son épaule et le fit basculer dans le vide.
Puis voyant que les soldats restaient comme cloués sur place :"Si d'ici ce soir ce suppot de l'enfer n'est pas réduit en cendres, ce sont vos maisons et vos familles qui le seront."
Alors les serviteurs et les soldats montèrent au bord de la rivière, un bûcher. Ils enveloppèrent le corps d'Albuquer dans sa grande cape noire et le brûlèrent.
Le forgeron du village restait là, muet. Albuquer était un compagnon de philosophie, il aimait venir le voir travailler à la forge, rendre le fer rougeoyant et souple, frapper du manteau en cadence. En souvenir de toutes ces soirées sous la lune, le forgeron attendit que le bûcher soit consumé puis plaça les cendres dans une belle urne en terre avant de les ensevelir dans la terre sacrée car Albuquer n'avait jamais fait le mal.
Puis il partit à la recherche du corps d'Isabelle. Il la trouva sur un banc de sable doré au bord de la rivière, son corps était sans coups ni écorchures, il semblait qu'elle dormait. Il plaça un beau drap de toile blanche à côté d'elle pour lui servir de linceul et la siasit. De stupeur, il faillit la laisser tomber à terre. Le corps était chaud, le coeur ne battait pas mais les joues étaient roses et les yeux noirs grands ouverts brillaient d'un étrange feu. Tout en s'étonnant qu'elle eut survécut à sa chute, il partit chercher la vieille du village qui connaissait les secrets des simples et savait soigner à l'occasion.
Quand ils revinrent, Isabelle avait disparu, ils virent bien quelques traces de pas sur le sable mais la sagesse leur scella les lèvres. Ils rentrèrent chez eux et de tout cela ne reparlèrent plus jamais....
Ce n'est pas fini... vous vous en doutez !
La suite demain mais pas la fin je crois, je fais durer le plaisir de nos retrouvailles.
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