Kleio, la Muse qui muse, musarde, s'amuse...

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Je suis une muse délirante et "délireuse", passionnée d'écritures et de lectures. J'aime la vie, la lumière et le bonheur !

24 octobre 2009


Comme je vois qu'on lit... je continue.... Entrée des artistes, enfin pas tous !

La journée pourtant avait commencé sous les meilleurs augures, jour faste… Elle avait expédié les affaires courantes avant de se rendre d’un pas léger chez son amie, la blonde Tullia, une patricienne des familles les plus anciennes de la ville. De celle qui était là avant même l’établissement de la colonie par Sylla. On murmurait qu’une de ses ancêtres, une princesse osque, célèbre pour sa beauté avait su séduire le dictateur et même qu’un enfant… mais ce n’était que des racontars de jaloux. Plottia était flattée de l’amitié que lui portait Tullia. Elle s’étaient rencontrées lors des derniers combats de gladiateurs à Pouzzoles, l’amphithéâtre de Pompéi étant frappé d’interdiction depuis trois ans, suite à une rixe sanglante qui avait coûté la vie à quelques spectateurs. Le hasard les avait placé côte à côte sur les gradins. Non que Plottia goutât particulièrement ces distractions, mais le ludus de Pompéi devait combattre et il y avait le beau Lagens aux 12 victoires et aux yeux noirs… et… bref la conversation s’était engagé lors d’un moment particulièrement délicat où le rétiaire était tombé à genoux. Tullia avait vu le frisson de Plottia et lui avait gentiment pris la main… Lagens habile et svelte s’était redressé et devant la foule qui hurlait son nom et avait renversé comme souvent la situation. La conversation s’était engagé et c’était deux amies qui étaient retournées à Pompéi.
Tullia avait été élevée à l’ombre du Palatin. Sa famille était allié avec la puissante gens des Poppei, eux aussi originaires de Pompéi, qui comptait aujourd’hui parmi ses membres les plus illustres Poppea Sabina, la favorite depuis bientôt quatre ans de César Auguste Néron.
Poppea Sabina était la fille de Titus Ollius, mais elle avait pris le nom de son grand-père maternel, un homme d’illustre mémoire, Poppaeus Sabinus, ancien consul resplendissant des honneurs du triomphe. Cependant la roche tarpéienne est proche du Capitole et lors des troubles de la fin du règne du vieil empereur Tibère il fut accusé de complicité avec Séjan, le préfet du prétoire de l’Empereur Tibère et contraint au suicide avec son fils, Ollius père de l‘impératrice !..
Poppea n’avait pu espérer aucun réconfort du côté maternel.
Comme sa mère était la plus belle femme de la cour de l’Empereur Claude, elle attira les foudres de l’impératrice Messaline. Sa liaison avec le beau Asiaticus dont l’impératrice était tombée amoureuse ne fit qu‘exciter davantage la jalousie de Messaline qui détestait se savoir supplantée.. Messaline l’accusa d’entretenir une liaison avec le pantomime Mnester et la contraignit au suicide. On décida de se débarrasser de cette famille un peu trop voyante, Poppée fut mariée à un obscur chevalier.
Mais la jeune femme n’avait rien oublié, elle se savait belle peut être même plus encore que sa mère; Dès qu’elle pu elle se débrouilla pour se faire voir dans les lieux fréquentés par le jeune prince.
Elle sut habilement évoquer leurs souvenirs d’enfance, leurs jeux dans les jardins du Palatin.
Elle l’émut sans doute en évoquant sa triste condition et son mariage misérable.
Elle sut se montrer tendre, câline et surtout elle se refusa. Tout serait différent si elle avait ses entrées à la Cour, si elle retrouvait son rang…
On ne pourrait pas accuser l’empereur d’avoir une liaison peu digne de lui.
Finalement les amants eurent une idée, on dit que l’idée vint de Néron; l’empereur avait un ami, un véritable camarade de fêtes et de conversation, une sorte de double : Othon. Il lui demanda d’épouser Poppea qui venait de divorcer. Mais Othon eut la mauvaise idée de tomber amoureux de sa femme et oublia l’accord qui avait présidé aux noces.
L’Empereur se mit en colère surtout que Poppea habilement jouait aux épouses satisfaites et vertueuses… mais ce n’était qu’un jeu, un fois qu’elle eut bien assuré sa prise, elle attira et attacha complètement à ses charmes Néron pris dans les filets de la passion.
Othon s’accommoda des restes... Poppea avait réussi au delà de ses espérances à retrouver sa place à la cour et à venger sa mère malgré l’opposition de la vieille Agrippine qui avait décelé son ambition sans limites.
Elle était en ce moment sur le point de franchir les derniers pas qui la rapprochaient du pouvoir suprême. Elle avait réussie à faire reléguer en exil, dans la villa pompéienne de ses cousins, Octavie, l’épouse de Néron et se disposait à la faire répudier voire davantage chuchotaient les mauvaises langues.
Sur ces bonnes paroles je vous invite à méditer quelques jours sur ces destins.... et me faire part de vos réflexions... Sic transit....

23 octobre 2009


Voilàa un petit chapitre pour les réguliers lecteurs que je remercie de leur assiduité....

Sous l’effet de la peur la jeune femme qui se voyait déjà morte fut soudain prise de colère… C’était vraiment stupide, pensait-elle, mourir déjà, écrasée par un mauvais mur.. mort peu digne d’une romaine.
Plottia était une des orpheline les plus en vue de la petite cité pompéienne. Elle possédait et dirigeait depuis la mort de son père, des ateliers de foulons. Les tissus produits par la famille Vibia étaient réputés dans toute la Campanie…
On disait même que la nouvelle épouse de l’Empereur, la belle Poppée, une compatriote, presque une voisine de rues, en usait à la cour. Sa famille était d’origine grecque, des affranchis, des fils d’esclaves comme murmuraient les stupides vieilles commères… et après tout qui s’en souciait. Depuis longtemps déjà les affranchis jouaient à Rome à égalité avec les sénateurs des plus vieilles familles; L’empereur Claude et son auguste épouse Messaline les avait élevées jusqu’aux marches du plus haut pouvoir leurs confiants secrets d’état et gestion des finances.
On disait même que la mère de l’Empereur n’avait pas été cruelle pour l’intrigant Narcisse Mais on ne prête qu’aux riches…
Toutes ces intrigues dont le murmure scandaleux parvenait jusque dans la cité provinciale du Sud, les soirs d’été par la brise légère qui soufflait depuis les villas impériales de la côté de Baies distrayaient les jeunes filles et faisaient rêver les matrones. Plottia avait bien, le reste du temps de quoi occuper ses pensées.
Du soir au matin les esclaves s’affairaient dans les ateliers, à teindre, tordre, essorer, étendre, peigner, plier, ranger en piles les tentures, les tissus de laine, les étoffes plus légères. Les contremaître étaient attentifs, les intendants zélés….
Plottia jouissait malgré son jeune âge d’une réputation de sagesse et de sagacité.. déjà par le passé elle avait aidé, le sénateur romain l’avocat Aennius Secundus, retiré à Pompéi sur ordre de l‘Empereur, à résoudre des morts suspectes, de sordides affaires cupides comme dernièrement le vol des émeraudes de Crispilla Veracundia la femme du duumvir. Sa position lui permettait d’entendre voire de recueillir les ragots des femmes qui on le sait sont toujours au courant des murmures et des bruits d’alcôves.
Elle avait pu innocenter le redoutable gladiateur vétéran, Birria, et lui éviter la croix… D
epuis elle était considérée comme une divinité par tout le ludus…. A cette occasion, encore une fois les respectables matrones de la cité, avaient haussé les sourcils, proclamant que Plottia ne se marierait jamais….
Ce qui pour l’instant ne la gênait guère.
Avoir un homme qui lui dirait ce qu’elle devait faire, penser et qui elle devrait fréquenter, cela ne l’intéressait pas. Elle était trop habituée à agir seule, se fiant à son jugement. Et puis cet Aennius… ma foi certes le séduire ne serait pas une tâche facile. Il était habitué aux jeunes beautés raffinées de la Capitale et de la Cour, cousin du conseiller de l’Empereur : Sénèque et ami d’Othon le presque frère de Néron mais plus l’enjeu est grand plus grande et savoureuse la réussite.
Mourir sous la pâle lueur de ce jour de Février était vraiment trop stupide. Plottia se recroquevilla encore un peu plus dans son abri.
Le suite demain car après plsu d'internet de quelques jours

21 octobre 2009

on arrive enfin à Pompéi


La suite de ce roman plein de suspense.... héhéhé

5 Février 63
Plottia n’était pas d’un naturel peureux mais elle ne pouvait s’empêcher de trembler. Elle était blottie ou plutôt accroupie contre une borne dans la ruelle de la cour de la maison de son amie, Tullia.
La secousse l’avait jetée à terre alors qu’elle sortait d’une visite de courtoisie à sa blonde amie.
Depuis quelques jours, le sol grondait, la terre tremblait, les murs se fissuraient. Rien de grave, les Pompéiens avaient pris l’habitude. Lorsque cela se produisait, il suffisait d’attendre et la vie pouvait reprendre son cours mais cette fois là l’affaire était plus sérieuse.
On avait entendu un sourd grognement comme une respiration qui venait troubler un silence assourdissant. Depuis un long moment, plus un aboiement, plus un sifflement d’oiseaux. C’était comme si toute la nature s’était brusquement retrouvée plongée dans un profond mutisme.
Personne cependant n’y avait pris garde. Les esclaves vaquaient à leur tâche.
Certes un observateur attentif aurait pu remarquer peut être que ces créatures avaient soudain un air plus inquiets, elles avaient entendu ce silence inhabituel… mais nos deux coquettes n’avaient pas pour habitude de prêter attention à l’humeur des bestioles. Tullia et Plottia étaient trop absorbé dans leur conversation à propos de la naissance prochaine du premier enfant de Tullia.
A peine Plottia avait-elle franchi la porte du jardin que la terre avait basculé… Des cris, des bruits de course, des murs qui s’effondrent. Elle s’était accroupie, les mains sur la tête, et avait attendu un moment qui lui avait semblé être une éternité.


Comme on entre dans le vif du sujet, il convient d'être plsu attentif donc les passages sont plus courts

20 octobre 2009


Avec un peu de retard... car pas de connexion, la suite de ce roman policier antique


« Il faut qu’elle meure…. Je te le dis, je ne la supporte plus.. Elle est là partout dans ces murs, elle et sa précieuse famille ! Ces mots pleins de colère étaient prononcés par une fort belle jeune femme, blonde au teint éclatant. Elle jeta à terre un lourd collier de corail comme pour mieux signifier sa colère.
- Tu ne trouves pas que j’ai assez attendu ? Dis ? Réponds Kalymna !
- Il faut savoir être patiente, ma toute belle, mesure déjà le chemin parcouru.. Le prince est fou de toi, il ne sait pas respirer en dehors de ta présence
- Mais voilà presqu’un an que sa mère est morte… et il m’avait promis ! Ne t’inquiète pas ma chérie.. Je ne peux m’opposer à ma mère directement.. Les prétoriens tu comprends. Ils vénèrent la mémoire de son père pas du mien… mais après tu verras… Et après rien, rien du tout, des noix, du vent. Elle chassa du revers de la main tous ses colifichets précieux qui tombèrent en pluie sur le sol. Après rien…
- Tu es son impératrice
- Impératrice à la noix…. Je suis sa concubine moi Poppée Sabine, la plus belle femme de Rome… La concubine d‘un pauvre petit garçon qui demande pardon aux ombres de sa mère. Quelle honte !
- Tu dois prendre patience. Tu sais que tu peux obtenir tout ce que tu veux, mais… il faut savoir ce que tu veux.
- Je veux régner, être débarrassée de cette sale petite sainte nitouche d’Octavie, qu’il m’épouse, qu’il me vénère ... Que Rome me vénère, que la mémoire de ma mère soit rétablie..
- Attends tu ne peux pas tout obtenir en même temps Il faut comme un général pour remporter la bataille procéder avec méthode. Et élaborer un plan.
- Et toi général Kalymna que me conseilles-tu ?
- Si j’étais un général en chef pour conquérir cette place forte qu’est le trône de Rome. Tout d’abord je serai bien gentille.. Je ne prendrais pas de grands airs et je continuerai à me pâmer devant les poèmes de mon bien aimé. Comme ça , regarde ! Et Kalymna de renverser sa tête en arrière, les yeux mi clos, une main sur le front et l’autre sur le cœur en murmurant : Arrête ! Arrête ! Tu veux me faire mourir de plaisir ? Laisse moi le temps de reprendre mon souffle devant tant de beauté… Répète un peu le dernier vers.. Oui c’est cela plus lentement.. Je n’ai malheureusement pas ta constitution divinement artistique pour te suivre au même rythme.. Ménage moi… Ah ! Je suis toute échevelée de plaisir… et n’oublie pas de jouer avec ta chevelure et de faire admirer tes bras blancs et cliqueter mélodieusement tes bracelets.
- Arrête, Arrête tu me fais mourir de rire
- Ensuite quand le lionceau sera bien endormi comme un petit agneau… Tout en caressant sa toison, je lui susurrerai à l’oreille combien il serait doux de traverser l’existence aux côtés d’un femme qui le comprends si bien, amie, maitresse et souveraine à la fois.. Et mère de ses enfants
Et lorqu’il approuvera, qu’il sera prêt à consentir.. Tu me comprends…Je lui ferai remarquer que rien ne s’oppose à cette vie idyllique sauf…. Et là je te parie que l’agneau se changera en tigre et qu’il trouvera un remède… et alors épouse légitime ou pas, douce Octavie ou pas… Fille d’Auguste ou pas… Couic !
- Que j’aime lorsque tu me racontes de belles histoires… j’ai toujours aimé..
- Ce ne sont pas de belles histoires mais ce qu’il est sûr c’est que ce n’est pas avec une mine revêche et des cris de poissonnière que tu vas remporter le fortin… un peu de rouge, un peu de noir quelques bijoux mais pas trop, un air négligé et naturel. C’Est-ce qu’il aime.. Tu accours à peine réveillée pour t’enivrer de ses poèmes et le soir tu le laisses, avec regrets, pour le laisser travailler à son art en paix !…. Tu l’interroges sur son inspiration, Tu t’inquiètes pour ses nuits qu’il passe avec les Muses… Oh oh mais tu n’auras pas à le faire…. Je t’entends… Viens retourne te mettre au lit et réveille toi ou mieux feins d’être endormi… Là découvre un peu ce sein, enlace le drap pour mieux laisser voir cette jambe et ta fesse… Voilà, ne dis plus rien.. Vénus surprise en plein rêve.. Ne ris pas ! Silence il arrive. »
Néron n’avait pas l’air de bonne humeur lorsqu’il franchit le seuil, il affichait une mine renfrognée mais Kalymna avec autorité lui intima le silence et un doigt sur la bouche écarta les rideaux du lit.
- Elle s’est inquiétée toute la nuit chuchota-t-elle… Elle te savait tourmentée et ne réussissait pas à trouver le sommeil… Enfin elle s’et endormie au petit matin après que je lui eus promis d’aller prendre de tes nouvelles… Je t’en prie Prince ne la réveille pas ..
- Réveiller une déesse, tu n’y penses pas Kalymna… Laisse nous, je te promets de chasser tous ses mauvais rêves.
La beauté de Poppée savait seule le désarmer. Pourtant depuis le milieu de la nuit tout semblait conspirer pour lui nuire. Tout d’abord le spectre de sa mère qui était revenue le hanter. Elle se dressait devant lui, muette et presque souriante, elle lui ouvrait les bras et lorsqu’il s’approchait elle écartait sa tunique et montrait son ventre partagé par une plaie béante. Frappe au ventre avait elle dit au soldat envoyé la tuer, c’est de là qu’il est venu ce monstre matricide.
Il s’était réveillé, baigné de sueur, puis il avait senti qu’une main lui caressait doucement les cheveux comme elle avait l’habitude de le faire.. C’était bon et apaisant. Des doigts légers roulaient dans les boucles de ses cheveux. Une main lui prenait le menton tout doucement et le caressait. Il reconnaissait ses doigts longs et élégants. Tu sais que je n’ai pas voulu maman… C’est eux, ils m’ont dit que tu avais comploté, que tu voulais ma mort.. J’ai vu les lettres, que pouvais-je faire d’autre.. Comme c’était confortable et douillet là entre ses cuisses, la tête appuyée sur son ventre comme quand il était petit.. Il pouvait enfin lui parler, lui dire combien il l’aimait combien il l’admirait. Ce qu’elle avait surmonté, les morts atroces de sa mère et de son frère, la peur devant son frère Caligula, les dégouts de son mariage avec son vieil oncle Claude, les humiliations de ses amants Tout cela pour lui, son précieux fils, pour lui offrir le pouvoir. C’était si réel qu’il leva la tête pour contempler encore une fois sa beauté et là : il ne vit qu’une harpie au bec crochue le qui le regardait d’un œil moqueur. Elle lui maintenait la tête fermement, elle se pencha vers lui pour le déchirer. Plus il essayait de se dégager, plus elle resserrait son étreinte. L’ affreux visage se rapprochait, le bec s’ouvrait, il sentait une haleine de mort, il essayait de se protéger avec ses mains mais plus il se débattait, plus le monstre serrait et, à la fin, lorsqu’il se sentait perdu et qu’il implorait sa mère de l’épargner, la harpie éclatait de rire et le projeter violemment en avant et là, il se réveillait en sueurs, cramponné aux montants du lit ou à terre gisant, les doigts emmêlés dans les fils chamarrés du tapis. Et l’aube venait enfin mais pas la paix car son esprit chaque soir formait de nouveaux cauchemars plus effrayants.
Il prit la main de la jeune femme qui respirait calmement et la porta à ses lèvres puis se blottit contre ce corps offert.


Demain la suite mais pas la fin ...

16 octobre 2009

Du rififi dans le garum !


La suite du rififi dans le garum : les tristes pensées de la douce Octavie femme de Néron


L’Empereur n’avait pas hésité à tuer sa mère, poussé il est vrai par ses perfides conseillers : sa maîtresse Poppée et son vieux précepteur Sénèque. Tous les trois avaient imaginé leur plan lors d’un spectacle à Naples. On représentait une bataille navale et le navire construit tout exprès pour l’occasion se disloquait et tous les combattants tombaient à l’eau dans un grand fracas de naufrage.

Octavie assistait au spectacle et à ce moment, elle avait remarqué une lueur de connivence dans leurs regards c’était comme si reliés par des fils invisibles, l’idée prenait forme dans leurs monstrueux cerveaux, ils avaient, au même instant trouvé la solution à leurs envies : éliminer Agrippine. Chacun avait ses raisons.

Poppée et Agrippine se détestaient depuis presque toujours, Sénèque ne supportait plus l’arrogance de son ex-maîtresse qui s’ingéniait à dresser des obstacles entre lui et son ancien élève. Sénèque avait compris que tant qu’Agrippine serait là, il ne pourrait pas espérer avoir une quelconque part à la direction des affaires.
Et Néron, Néron, ce bon petit garçon. Il s’était mis à haïr sa mère, sa façon de lui parler comme à un enfant, les regards courroucés ou au contraire trop admiratifs qu‘elle lui jetait lorsqu‘elle siégeait à ses côtés, ses continuelles allusions à Germanicus et ses glorieux ancêtres les Jules, jusqu’à sa façon de s’habiller, en austère matrone respectable comme pour mieux faire sentir la vulgarité des manières provocantes de Poppée et sa clique. Des trois, c’était sûrement celui qui la détestait le plus car c’était celui qui l’avait le plus aimée.
Un bateau avait été construit en secret sur le même modèle, il devait s‘ouvrir en deux au milieu du golfe et le plafond de la chambre de parade destinée à l‘impératrice s‘écrouler sur le lit, écrasant la dormeuse.
Néron avait joué les fils attentionnés et convié sa mère à un somptueux diner de réconciliation. Poppée avait été priée de rester chez elle et Agrippine avait été la reine de la fête. Son fils à ses pieds, admiratif et ne trouvant pas de mots assez affectueux pour lui parler, la cajoler, l‘embrasser.
Toute la compagnie s’était séparée de fort bonne humeur et comme il était fort tard Néron avait alors proposé à sa mère de lui prêter ce bateau tout nouveau pour la reconduire jusqu’à sa villa de l’autre côté de la baie. Elle avait accepté car l’attitude Néron pendant tout le repas avait désarmé ses craintes.
A peine arrivé au milieu de la baie devant les yeux des derniers convives qui entourait l’Empereur. Le navire, comme sous l’effet d’une violente tempête, s’était disloqué. On entendait les cris depuis le rivage, il y avait grand fracas et grande rumeur. Les spectateurs étaient pétrifiées et Néron cloué sur place de stupeur.
Mais l’impératrice était une bonne nageuse, elle avait réussi à s’échapper, la charpente du plafond de la chambre qui s’était effondré sur elle ne l’avait que blessée. La nuit et la panique avait été ses plus sûrs alliés. Elle se réfugia chez un pêcheur avant de rentrer chez elle et d’envoyer un messager à son fils pour le prévenir qu’elle était sauvée.
Octavie pensait que l’amour maternel lui avait fait là commettre une imprudence fatale. Elle aurait dû regagner Rome et là comme elle savait si bien le faire, émouvoir le Sénat et surtout les cohortes prétoriennes par le récit des horribles manigances de son fils.
Elle aurait dû aller au milieu des troupes leur rappeler qu’elle était la fille de ce Germanicus qu’ils avaient tant aimé et soutenu, la descendante d’Auguste, le fondateur de l’Empire par deux fois, leur seule vrai Impératrice animée de la Virtus, le vrai courage romain.
Elle aurait pu rallier Burrus à sa cause et là accusant à mots couverts son fils de matricide, crime horrible, récupérer le pouvoir.
Oh elle, Octavie lui aurait même prêtée main forte. Elle aurait pu l’accompagner toute droite drapée dans sa dignité d’épouse délaissée. Elle l’aurait aidée car cela lui aurait sauvé la vie à défaut de la changer…
Elle frissonna.. Pour combien de temps encore ?
Combien de temps encore Néron allait-il l’oublier dans cette villa et la laisser vivre ?
Elle devrait fuit, s’exiler, suivre les conseils de son poète. Aller sur les rivages grecs et même au delà chez les Scythes, là où Néron n’est qu’un nom.. Et vivre inconnue.. Mais vivre. Elle n’aurait qu’à couper ses cheveux, avec sa silhouette gracile elle passerait facilement pour un jeune homme, de là un bateau pour la Sicile, une simple barque suffirait et puis un autre….
Il y avait tant d’île et la mer était si grande. Elle pourrait vivre en tissant, en racontant des histoires, sans bruit et sans éclat.
Quel bon tour elle jouerait à Néron et à Poppée….
Cela la fit sourire… mais non !
Une romaine ne fuit pas déguisée comme un voleur. La fuite dans les vers d’un poète est toujours facile, les périls du voyage ne sont que des idées mais, pauvre Octavie qui n’était jamais allée seule jusqu’à l’autre bout du Forum… partir sur la mer.
Elle soupira, elle n’avait pas ce courage, la peur de l’avenir n’était pas suffisante.. .
Au contraire la terreur et l’incertitude sur son sort la paralysait, lui engourdissait le cerveau, il lui semblait qu’elle devenait plus lente encore.
La suite à demain.... l'histoire maintenant que la trame historique est posée peut démarrer

15 octobre 2009

Du rififi dans le garum - roman historique



Octavia, épouse de l’empereur, adieu ! Que Vénus Pompéienne te soit favorable.
Je te dis salut.


Déméter laissa retomber la lourde tenture…
- Allons il faut rentrer, il est tard dit-elle en prenant doucement la frêle jeune femme par les épaules.
- Il fait encore jour
- Plus pour longtemps, le soir tombe frais sur la mer.. vous allez bientôt prendre froid
- Quelle importance… Je ne manquerais à personne.. et mon époux en remercierait plutôt la Fortune. L’impératrice se laissa aller contre le dossier d’osier du fauteuil en soupirant.. Laisse moi… Je veux rêver encore. »

Encore un jour écoulé depuis sa triste captivité.. triste.. l’endroit n’était pas triste. Auguste avait exilé ses parents dans des endroits atroces mais on ne pouvait pas accuser Néron d’en avoir fait autant. Il avait choisi les rives riantes et boisées de l’opulente Campanie. Les cousins de cette traînée de Poppée avaient été trop heureux de prêter une de leur villa pour servir de cage dorée…Octavia se releva brusquement et tira les rideaux… La chaude lumière du soleil couchant pénétra à grands flots dans sa chambre. Quel mal y avait-il à regarder la mer ?
La contemplation du paysage s’accordait avec son destin. Tout au fond de la baie, l’horizon immobile, une ligne bleu fantomatique qui se fondait dans l’infini du ciel. La mer calme solitaire… effleurait de quelques barques de pêche vives et colorées. Et puis devant une roche brune et rouges par endroits, violemment découpée, creusée d’escaliers menant à des plages encaissées et minuscules ou des pontons de bois accueillant d’élégants bateaux..
Elle sourit, bateaux amarrés pour des fêtes au palais impérial tout près, à Baïs, juste de l’autre coté du golfe.
Et puis veillant sur ce calme paysage, le Vésuve débonnaire et pansu, planté des vignes qui donnaient un nectar capiteux et enivrant, dont l’odeur suffisait à provoquer l’ivresse, d’arbustes aromatique à l’ombre desquels il faisait bon faire la sieste ou discourir dans l’air léger.
Mais elle ne le pouvait pas, elle, Octavie, dernière descendante d’Auguste, épouse du plus puissant personnage du monde, avait moins de liberté qu’un moineau. Elle pouvait juste contempler la liberté sans la goûter.
Pourtant elle n’avait rien fait pour mériter ce châtiment sauf exister.
Octavie, fille de l’empereur Claude et de sa superbe épouse Messaline, fille, nièce d’imperators et de princes…. Et si seule, si abandonnée si méprisée…
Elle avait la blondeur des Julii, la grâce et la vivacité des Antonins, tout cela en vain.. D’épouse elle n’avait que le nom. Néron ne l’avait jamais touchée, il s’en vantait même auprès de ses amis. Je ne l’ai pas choisie, elle m’a voulu mais… Elle devra se contenter du titre d’épouse.

Les Dieux savaient pourtant qu’elle n’avait rien voulu rien décidé.
C’était elle, Agrippine à la fois sa tante et sa marâtre, sa vieille et meilleure ennemie et plus solide soutien, tout à la fois. Maintenant elle était morte, Octavie se retrouvait seule comme une biche prise en tenailles par les chiens de la meute.

L’Empereur n’avait pas hésité à tuer sa mère, poussé il est vrai par ses perfides conseillers : sa maîtresse Poppée et son vieux précepteur Sénèque. Tous les trois avaient imaginé leur plan lors d’un spectacle à Naples. On représentait une bataille navale et le navire construit tout exprès pour l’occasion se disloquait et tous les combattants tombaient à l’eau dans un grand fracas de naufrage.
Octavie assistait au spectacle et à ce moment, elle avait remarqué une lueur de connivence dans leurs regards c’était comme si reliés par des fils invisibles, l’idée prenait forme dans leurs monstrueux cerveaux, ils avaient, au même instant trouvé la solution à leurs envies : éliminer Agrippine. Chacun avait ses raisons....

La suite demain

La muse est en pleine phase créatrice... ce doit être le vent qui souffle et ébouriffe les sens... Les envies de confort sous la couette qui exarcerbent les neurones. envie de s'installer face à l'oranger, derrière la vitre, le regard perdu dans le bleu intense de l'azur, l'oreille bercée par le puissant souffle du blizzard.

Donc je vous quelques paragraphes... Si ça vous dit je continuerai... C'est un premier jet... l'histoire, l'histoire que l'histoire.... un minimum de décor. Sinon je me laisse distraire par tout le contexte et le suspense s'affaiblit....
Pas un conte, un roman toute seule... roman historique s'entend...

Alors comme Alexandre... Dumas (tant qu'à se choisir un parrain autant qu'il soit prestigieux..) je vous propose un feuilleton à la Eugène Sue cela me poussera à beaucoup de régularité.
J'aurai bien aimé récompenser le 12 000 visiteur mais je suis passé trop tard se sera pour le 13 000 cela nous portera bonheur.

Ah j'oubliais le titre : Du rififi dans le garum !
Ultime clin d'oeil à qui vous savez...

A lire vos commentaires... le blogeur en a besoin vous savez !